Cameroun Dialogues !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 4 juillet 2007

Siyam Siwé, Tchouta Moussa et les pots-de-vin

Les transactions avec Safric et Damen shipyard examinés au tribunal.

La 29ème audience de l’affaire Etat du Cameroun et Port autonome de Douala (Pad) contre Edouard Etondè Ekotto, Alphonse Siyam Siwe et onze autres accusés s’est déroulée hier, mardi 3 juillet, par-devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri, siégeant en collégialité. Les débats se sont poursuivis avec l’examen du volet gestion financière. Ils ont porté précisément sur des paiements déclarés indus par la mission du contrôle supérieur de l’Etat et treize traites. En lieu et place de René Eloundou, témoin annoncé par la partie civile, Chi Asafor s’est plutôt présenté au box. “ Le témoin que nous attendions a refusé de se présenter ”, déclare un conseil de la partie civile. Cette partie civile avait d’ailleurs, au cours de la dernière audience, annoncé la démobilisation de trente-trois (33) des trente-six (36) témoins annoncés au début de cette affaire. Les paiements déclarés indus sont de l’ordre de 222 millions de francs Cfa. Ils ont été effectués dans le cadre des commissions bancaires. Le témoin Chi Asafor brandit, les relevés de comptes suivants : 36 millions 414 mille 872 Fcfa en date du 27 janvier 2000, 95 millions 142 mille 68 Fcfa le 3 octobre 2000 et 95 millions 402 mille 309 Fcfa le 15 mai 2001. Ce témoin précise par ailleurs qu’il s’agit des crédits documentaires. En effet, ces paiements déclarés indus résultent des contrats passés entre le Pad et l’entreprise hollandaise Damen shipyard, pour la construction de deux piloutiles (deux petits bateaux) : l’une baptisée Korup et l’autre baptisée Gazelle. “ Korup était de l’ordre de 454 millions de francs Cfa et Gazelle de près de 500 millions de francs Cfa ”, soutient le témoin. Des montants différents de ceux contenus dans le rapport, qui sont de l’ordre d’un peu plus 564 millions de Fcfa pour Korup et un peu plus de 588 millions de Fcfa pour Gazelle.

L’ombre de Tchouta Moussa Ces contrats ont été bel et bien effectués. Mais, pour le témoin, le montant des commissions bancaires est excessif. “ Il est de près de 20% alors qu’il devrait être de moins de 2% ”, soutient le témoin. Des arguments réfutés par les avocats de la défense. Pour ces derniers, les propos du témoin ne relèvent que de l’opinion personnelle de ce dernier. Puis, ces conseils de la défense rappellent qu’au cours de l’exercice concerné, 2003 – 2004, tous les comptes du Pad avaient été approuvés. A leur suite, le témoin produit le rapport des commissaires aux comptes pour cette période-là, mentionnant des réserves. Ce rapport des commissaires aux comptes n’étant qu’une photocopie, le tribunal refuse de l’admettre en l’état, en se basant sur l’article 313 du code de procédure pénale, à la demande des conseils de la défense. Mais, le tribunal rappelle qu’une copie de ce rapport avait déjà été versée dans le dossier par le ministère public.

Les treize traites dont il est question rentrent dans le cadre du contrat passé avant 1998 entre le Pad (à l’époque Onpc dirigée par Tchouta Moussa Mbatkam Jean Lavoisier aujourd’hui décédé) et le groupe Safric. Avant de quitter la direction générale de l’ex-Onpc, Jean Lavoisier Tchouta Moussa Mbatkam avait signé des traites à l’ordre du groupe Safric, d’un montant global de 1 milliard 54 millions de francs Cfa. Il les avait d’ailleurs remis à ce groupe. Le directeur général entrant, Alphonse Siyam Siwe, hérite de ces créances. Il les éponge au fur et à mesure. Pour la partie civile, les prestations de Safric, pour justifier l’émission de ces traites, sont discutables. Les conseils de la défense soutiennent que le directeur général entrant était tenu par les engagements de son prédécesseur. Pour mieux comprendre cet aspect, le tribunal a donné 48 heures pour la production des lettres originales ayant déclenché ces paiements ; à retirer auprès de certaines institutions bancaires (Cbc, Bicec) de la place.

Au moment où nous quittions la salle d’audience dans la soirée d’hier, le procès se poursuivait avec le contre-interrogatoire du témoin Chi Asafor. Ce dernier devait par la suite céder sa place au témoin Pepouere Abdou. L’affaire se poursuit ce mercredi 4 juillet.


Le sang continue de couler à Yoko

Trois autres fugitifs abattus hier. Un évadé blessé lundi dernier succombe à ses blessures. Au dernier comptage, dix-sept (17) décès – dont seize (16) bandits en abattus en cavale - avaient été enregistrés en moins de quatre jours.

La tension n’est pas retombée dans la bourgade de Yoko. Où l’histoire de l’insécurité pénitentiaire au Cameroun s’écrit en lettres de sang. Hier, mardi 03 juillet, de nouvelles péripéties sont venues remplir les pages de cette triste histoire. Un blessé, qui avait reçu des balles dans l’abdomen, a finalement succombé à ses blessures hier. Trois évadés sont également passés de vie à trépas. L’un est tombé dans la ville de Yoko, après un échange de coups de feu avec les forces de sécurité. Une fin brutale intervenue à la suite d’une tentative de coup de force à la mairie de la localité. L’infortuné voulait récupérer le véhicule du secrétaire général de la mairie rurale de Yoko. Les deux autres évadés abattus étaient loin de Yoko. Selon des témoignages concordants, ils se trouvaient à Mbatchoua, vers Nanga Eboko. Et la chasse à l’homme se poursuit à travers le département du Mbam et Kim. Les forces de sécurité n’ont plus que trois jours (à s’en tenir à l’interview donnée par le garde des sceaux à la Crtv lundi dernier) pour rattraper – mort ou vivant – les sept malfrats encore en cavale.

En attendant, Yoko est maculée à jamais de sang. Les dix-sept évadés abattus sont progressivement portés en terre. L’inhumation d’une quinzaine de corps a eu lieu hier en contrebas de la prison de production de Yoko.


Evasion de Yoko : 13 prisonniers courent toujours

Les autorités se donnent un délai maximum de cinq jours pour rattraper les fugitifs.

Quatre jours après la spectaculaire évasion qui s’est soldée par la dispersion d’une trentaine de condamnés à mort de la prison de Yoko, policiers et gendarmes continuent de rechercher les traces des fugitifs. La chasse à l’homme organisée par les forces de l’ordre aux alentours de la ville a néanmoins porté quelques premiers fruits. Selon le vice-Premier ministre, ministre de la Justice, entre vendredi et lundi derniers, onze évadés ont en effet pu être rattrapés dans leur course, dont un grièvement blessé par balle. Amadou Ali en a fait la révélation hier, au cours journal radio de la Crtv à 13h, où il était "l’invité". Au-delà des pertes matérielles (vol d’armes à feu, de munitions et de tenues militaires) et des arrestations, le vice-Premier ministre en a également profité pour apporter quelques précisions sur un ensemble d’informations. Contrairement à ce que nous annoncions hier (une cinquantaine) par rapport au nombre total des évadés, les déclarations d’Amadou Ali indiquent que cette évasion concerne 28 détenus en tout, sur un ensemble de 110 pensionnaires répertoriés à la prison de Yoko. Lesquels évadés, confirme le vice-Premier ministre, font bel et bien partie des 57 prisonniers "turbulents et dangereux" transférés il y a quelques mois des prisons de Kondengui (Yaoundé) et New-Bell (Douala).

Complicités Au cours des échanges de coup de feu avec les gendarmes, quatre des fuyards sont donc restés sur le carreau, apprend-on par ailleurs. Un civil a également été tué par les hors-la-loi. En faisant le calcul, on se rend ainsi compte que treize évadés courent toujours. Mais, rassure Amadou Ali, "Ils ne peuvent pas s’en sortir. Toute la zone est déjà verrouillée par les éléments de la gendarmerie. Je leur conseille donc vivement de se rendre..." Le vice-Premier ministre va d’ailleurs plus loin dans son assurance. Amadou Ali fait savoir que tous les prisonniers encore en cavale seront ramenés dans leur lieu de détention dans un délai maximum de 48 heures ou… cinq jours ! Interrogé sur les circonstances de cette évasion réussie, ce dernier indique clairement que les autorités judiciaires ont la conviction que les évadés auraient bénéficié des complicités parmi le personnel pénitentiaire de Yoko. "Cette évasion semble avoir été préparée de façon minutieuse", déclare Amadou Ali. La preuve, explique-t-il, le régisseur a récemment initié une grande fouille à l’intérieur de la prison ; laquelle s’est soldée par des découvertes telles que des couteaux, des cigarettes, du cannabis, et autres armes blanches.

En tout état de cause, au cas où la thèse de la complicité ne s’avèrerait pas plausible, celle d’une "négligence grave" est parallèlement en train d’être étudiée. De retour de Yoko, où il a été dépêché en mission, l’inspecteur général de l’Administration pénitentiaire a remis un procès-verbal à sa tutelle dimanche dernier. Selon toute vraisemblance, des sanctions seraient ensuite prises contre certains personnels de la prison de Yoko. Surtout que, pour confirmer la thèse de la négligence, Amadou Ali indique que, seules trois personnes étaient au service dans la nuit du 28 au 29 juin dernier, sur les 16 gardiens de prison affectés à Yoko (et non une soixantaine comme nous l’indiquions hier). Plus grave, les trois commis à la garde étaient "profondément endormis" au moment où les prisonniers fomentaient leur complot. Le dossier, manifestement, est donc loin d’être clos.


Sydonia : La gendarmerie auditionne les accusés

Une trentaine de personnes sera entendue dans le cadre des opérations frauduleuses passées à la douane.

Après la découverte d’opérations frauduleuses passées par certains douaniers, en complicité avec des déclarants en douane et informaticiens commis au traitement des informations dans le cadre du système douanier automatisé (Sydonia), les éléments de la brigade du Port Nord de Douala auditionnent depuis quelques jours les premières personnes citées dans cette affaire. A la division de l’Informatique de la direction générale des douanes, où est logé le projet en questions, on reconnaît simplement que " certains collègues " manquent à l’appel à leurs postes. Sans toutefois avouer leur interpellation par la vague de gendarmes ayant fait irruption dans ces locaux jeudi dernier, 28 juin.

Du côté de la brigade du Port Nord, on se veut très prudent quant à la démarche adoptée pour ces auditions. " Pour l’instant, on se limite aux auditions. On aura au moins une trentaine de personnes à interroger. Au fur et à mesure que nous les interrogeons, elles repartent chez elles. Dès que nous aurons fini ce travail de rassemblement de preuves, nous allons les envoyer au parquet qui seul décidera du sort à réserver à ces dossiers ", déclare-t-on à la brigade du Port Nord. Au total, ce sont des douaniers, informaticiens (recrutés par la direction générale des douanes pour installer ce projet), et des déclarants en douanes qui ont été, et continuent d’être entendus par la gendarmerie. Cette saga judicaire est ainsi déclenchée suite aux pertes financières importantes enregistrées au préjudice des douanes camerounaises, au cours des six premiers mois de fonctionnement de Sydonia et révélées par les résultats d’un audit. " Au cours des cinq premiers mois, nous avons testé le système qui nous a permis de constater que celui-ci marche parfaitement.

Et au cours de cette période, je veux dire depuis le mois de juin, il y a un service qui fait l’audit des transactions qui se sont déroulées dans le système au cours des cinq premiers mois. Et au cours de cet audit, on a constaté qu’il y avait certains de nos collaborateurs qui ont passé des opérations frauduleuses ", avait souligné le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, en charge du Budget, Essimi Menye, au sortir de deux réunions qu’il a présidées mardi dernier, 26 juin. En même temps, le ministre indiquait les premières mesures prises pour éradiquer cette nouvelle poche de fraude douanière. Cette décision consiste notamment au " resserrement des procédures, afin que les petites combines passées par ces agents ne soient plus permises ". Grâce à cette méthode, affirme-t-on à la douane, " toute personne qui engerait une procédure frauduleuse sera identifiée dans la même journée".


<< Première page < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Suivante> Dernière page >>