mercredi 4 juillet 2007
Un bulldozer fou achève sa course dans un bar
Le drame s’est produit dans la matinée du samedi 30 juin dernier. Un mort sur le carreau.
Un mort mutilé. Un appareil de jeu (poker) détruit ; un téléviseur, des chaises et bien d’autres biens matériels endommagés. C’est le bilan de l’accident survenu le samedi 30 juin 2007 au niveau de l’ancien cinéma le Capitole à Yaoundé. Assis à l’extérieur de leur lieu de travail, les employés de Campero II bar n’en reviennent pas. L’absence d’électricité à cette heure de la nuit (20h30) dans cette partie de la rue du Maréchal Foch, ajoute du sinistre à l’ambiance de deuil qui y règne déjà. “ Nous avons dû mettre le compteur à zéro à cause du court-circuit causé par le choc de l’accident ”, explique un employé. Malgré le drame, ses collègues et lui renseignent autant que faire se peut, les curieux attirés par la scène. Un bulldozer dans un mur. L’image ne passe pas inaperçue. Même si elle est éclairée à la lumière des bougies.
L’accident s’est produit aux environs de 14h30. La rue est presque déserte. Une vingtaine de personnes consomment au Campero II bar. Lorsque le bulldozer 4x4 580 K se dirige comme à l’accoutumée dans un chantier. Ce dernier est situé derrière l’ancienne Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, sur le site de l’ancien marché des chèvres. Mais tout va changer lorsque l’engin amorce la colline située en face de la buvette. A mi-chemin de son parcours, le conducteur perd le contrôle de la machine. Le frein a lâché, selon les témoignages recueillis sur place. Commence alors une descente vertigineuse qui s’achève dans la buvette.
Un mort non encore identifié Les clients ayant observé la scène de loin ont pu donner l’alerte au sauve-qui-peut. C’est la débandade totale. Quelques-uns trouvent refuge dans les toilettes du bar. Mais un infortuné, la trentaine environ, est rattrapé par la course folle de l’engin en vitesse. Son identité n’a pas été révélée. Le procès verbal de l’accident déposé au commissariat central n°1 est muet. Jouant de malchance, la victime se serait dirigée vers la droite alors que ses compagnons et bien d’autres ont pris la gauche. Logiquement, en prenant cette direction, elle n’aurait pas été atteinte. Pour montrer combien il a raison, un témoin oculaire raconte que même un handicapé porté par des béquilles a pu s’échapper. La victime coincée sous le bulldozer a le bras gauche (en raison de son alliance) sectionné. Elle décède étouffée une quinzaine de minutes plus tard. Les supputations vont bon train sur les lieux du drame. Le défunt raconte-t-on, n’avait pas l’habitude de boire dans ce snack. Selon le barman, il consommait à un jet de pierre, dans un bar réputé pour sa cherté. D’autres sources révèlent qu’il aurait été invité par un ami à prendre le “ pot du samedi ”.
Toujours est-il que ce drame, qui n’est pas le premier du genre dans ce coin, remet à l’ordre du jour la problématique de la circulation des gros engins en plein jour dans les centres urbains.
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TAKALA et MUYENGA
Takala: Bienvenu, mon cher. Tu as donc vu que la lutte contre la corruption n’était pas de la poudre aux yeux. Est-ce que tu avais déjà vu condamner quelqu’un dans notre pays à 50 ans de prison ?
Muyenga : C’est bien pour le symbole. Mais, je ne suis pas aussi enthousiasmé que toi par ce verdict sensationnel. D’abord parce que Ondo Ndong et ses comparses ont le droit de faire appel avec ce que ça comporte comme incertitude dans un pays corrompu par la politique, l’argent et le tribalisme. Ensuite, l’important dans un tel procès ne devrait pas être l’emprisonnement des coupables, mais les moyens de récupérer l’argent détourné. Car le pays en a besoin.
Takala : Tu as sans doute raison. Mais, je pense que ces sentences doivent être exemplaires. Et il faudrait que les juges de Douala prennent leurs responsabilités devant l’histoire.
Muyenga : Tu veux aller trop vite en besogne. La tâche des juges de Douala n’est pas comparable à celle des magistrats de Yaoundé à qui le statut de société publique a facilité la procédure.
Takala : Qu’est-ce que tu veux encore me raconter là ?
Muyenga : Ça m’ennuie d’avoir à discuter de ces choses parce que je ne suis pas juriste. Mais, j’ai cru comprendre que dans le procès du Pad, il y aurait un problème de qualification du délit. Siyam Siéwé, le colonel Etondè et leurs compagnons sont-ils accusés de “ détournement de fonds publics ”, ou bien d’“ abus de biens sociaux ” ?
Takala : Quelle est la différence, s’ils ont vraiment volé l’argent dont on les accuse ? C’est toujours l’argent du Cameroun.
Muyenga : Si tu veux prendre des cours de Droit, je vais t’inviter à mieux te pourvoir auprès d’un juriste. Mais, je me suis fait dire que dans n’importe quelle cause judiciaire, la procédure vaut autant, sinon plus que l’argumentaire sur le fond. Et j’ai aussi un ami qui me dit souvent que “ quand c’est clair au départ, c’est clair à l’arrivée ”. C’est la même chose que pour le système électoral. Quand les règles du jeu sont claires en amont, il n’y a pas de fraude en aval.
Takala : Laisse les élections tranquilles. Toi qui sais toujours beaucoup de choses, est-ce que tu sais que la mort contribue à la politique du plein emploi dans un pays ?
Muyenga : Ce que même les savants savent le mieux, c’est qu’ils ne savent rien. Alors, c’est une moquerie de me dire que je sais tout. En tout cas, je ne sais pas comment la mort peut contribuer au plein emploi, alors qu’elle réduit la main d’œuvre.
Takala : Ouvre les yeux pour observer, et tu verras que chaque décédé fait travailler un minimum de 6 personnes : un menuisier, un fossoyeur, un croque-mort, un fleuriste, un curé (ou un pasteur), un décorateur, etc. Chaque fois qu’il y a un mort, ces gens-là travaillent et touchent des plus-values.
Muyenga : Elle n’est pas très amusante, ton histoire, mais c’est au moins la preuve que la personne qui t’a soufflé ça a de l’imagination. Par contre, le fait que tu sois en train de manger ton bouillon accompagné de macabo m’inspire un constat. Autrefois, ce sont les pauvres comme moi qui consommaient le macabo, et les riches de ton acabit mangeaient le riz, signe d’aisance financière. Aujourd’hui, ce les gens très riches qui mangent le macabo à leur table, parce que ça coûte très cher, tandis que les pauvres ne consomment que du riz tous les jours. Or, le riz est importé, tandis que le macabo est cultivé sur place. Quel paradoxe !
Takala : A propos de macabo, je crois que le gouvernement va bientôt planifier une politique de production massive de produits agricoles. Je veux dire des vivres.
Muyenga : Ah bon ? J’ai eu une vision ou quoi ?
Takala : Non ! j’ai lu quelque par un appel d’offres lancé par le Minader pour réaliser une étude de faisabilité d’un programme de promotion des investissements dans le développement de grandes et moyennes entreprises agricoles. On dit que cette étude doit “ déterminer les conditions de promotion des grandes et moyennes entreprises agricoles, et les stratégies d’attraction des investissements dans le secteur agricole. ”
Muyenga : Tu sais ce que cela veut dire ?
Takala : Que le gouvernement veux enfin stimuler l’investissement dans l’agriculture.
Muyenga : Pour moi, ça signifie que notre pays reste maître dans l’art de compliquer les choses simples. Primo, c’est assez surprenant, sauf bien sûr pour toi, que depuis 45 ans d’indépendance, il n’y ait eu aucune étude de faisabilité d’un programme agricole dans un pays qu’on dit “ essentiellement agricole ”. Ou alors, nous n’avons pas la culture des archives. Secundo. Tout le monde peut voir que dans ce pays, les moyens qui nous manquent pour que nous soyions le grumier de l’Afrique, ce ne sont pas les études, mais des espaces cultivables à la disposition des cultivateurs, et les moyens financiers pour financer la production.
Takala : Ce que tu appelles surfaces cultivables, c’est quoi ? Les gens ont des terres partout, non ? Je suis même étonné que des villages se fassent la guerre pour la terre comme on voit souvent à l’Ouest ou au Nord-Ouest. Nous sommes moins de 20 millions d’habitants pour 475.000 km2…
Muyenga : Oui ! Mais à qui appartient la terre ? Avant 1982, elle appartenait à l’Etat. Lequel pouvait donc organiser ou laisser se faire librement le mouvement migratoire, pour permettre à ceux qui veulent faire de l’agriculture de trouver des espaces. Comme dans la plaine de Mbo’o avec Soderim, dans le Nkam avec l’opération Yabassi-Bafang. Aujourd’hui, la terre appartient aux autochtones.
Takala : On se quitte. Mais, nous reviendrons sur ça.
Par cameroundialogues, à 10:12 :: Général
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Siyam Siwé, Tchouta Moussa et les pots-de-vin
Les transactions avec Safric et Damen shipyard examinés au tribunal.
La 29ème audience de l’affaire Etat du Cameroun et Port autonome de Douala (Pad) contre Edouard Etondè Ekotto, Alphonse Siyam Siwe et onze autres accusés s’est déroulée hier, mardi 3 juillet, par-devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri, siégeant en collégialité. Les débats se sont poursuivis avec l’examen du volet gestion financière. Ils ont porté précisément sur des paiements déclarés indus par la mission du contrôle supérieur de l’Etat et treize traites. En lieu et place de René Eloundou, témoin annoncé par la partie civile, Chi Asafor s’est plutôt présenté au box. “ Le témoin que nous attendions a refusé de se présenter ”, déclare un conseil de la partie civile. Cette partie civile avait d’ailleurs, au cours de la dernière audience, annoncé la démobilisation de trente-trois (33) des trente-six (36) témoins annoncés au début de cette affaire. Les paiements déclarés indus sont de l’ordre de 222 millions de francs Cfa. Ils ont été effectués dans le cadre des commissions bancaires. Le témoin Chi Asafor brandit, les relevés de comptes suivants : 36 millions 414 mille 872 Fcfa en date du 27 janvier 2000, 95 millions 142 mille 68 Fcfa le 3 octobre 2000 et 95 millions 402 mille 309 Fcfa le 15 mai 2001. Ce témoin précise par ailleurs qu’il s’agit des crédits documentaires. En effet, ces paiements déclarés indus résultent des contrats passés entre le Pad et l’entreprise hollandaise Damen shipyard, pour la construction de deux piloutiles (deux petits bateaux) : l’une baptisée Korup et l’autre baptisée Gazelle. “ Korup était de l’ordre de 454 millions de francs Cfa et Gazelle de près de 500 millions de francs Cfa ”, soutient le témoin. Des montants différents de ceux contenus dans le rapport, qui sont de l’ordre d’un peu plus 564 millions de Fcfa pour Korup et un peu plus de 588 millions de Fcfa pour Gazelle.
L’ombre de Tchouta Moussa Ces contrats ont été bel et bien effectués. Mais, pour le témoin, le montant des commissions bancaires est excessif. “ Il est de près de 20% alors qu’il devrait être de moins de 2% ”, soutient le témoin. Des arguments réfutés par les avocats de la défense. Pour ces derniers, les propos du témoin ne relèvent que de l’opinion personnelle de ce dernier. Puis, ces conseils de la défense rappellent qu’au cours de l’exercice concerné, 2003 – 2004, tous les comptes du Pad avaient été approuvés. A leur suite, le témoin produit le rapport des commissaires aux comptes pour cette période-là, mentionnant des réserves. Ce rapport des commissaires aux comptes n’étant qu’une photocopie, le tribunal refuse de l’admettre en l’état, en se basant sur l’article 313 du code de procédure pénale, à la demande des conseils de la défense. Mais, le tribunal rappelle qu’une copie de ce rapport avait déjà été versée dans le dossier par le ministère public.
Les treize traites dont il est question rentrent dans le cadre du contrat passé avant 1998 entre le Pad (à l’époque Onpc dirigée par Tchouta Moussa Mbatkam Jean Lavoisier aujourd’hui décédé) et le groupe Safric. Avant de quitter la direction générale de l’ex-Onpc, Jean Lavoisier Tchouta Moussa Mbatkam avait signé des traites à l’ordre du groupe Safric, d’un montant global de 1 milliard 54 millions de francs Cfa. Il les avait d’ailleurs remis à ce groupe. Le directeur général entrant, Alphonse Siyam Siwe, hérite de ces créances. Il les éponge au fur et à mesure. Pour la partie civile, les prestations de Safric, pour justifier l’émission de ces traites, sont discutables. Les conseils de la défense soutiennent que le directeur général entrant était tenu par les engagements de son prédécesseur. Pour mieux comprendre cet aspect, le tribunal a donné 48 heures pour la production des lettres originales ayant déclenché ces paiements ; à retirer auprès de certaines institutions bancaires (Cbc, Bicec) de la place.
Au moment où nous quittions la salle d’audience dans la soirée d’hier, le procès se poursuivait avec le contre-interrogatoire du témoin Chi Asafor. Ce dernier devait par la suite céder sa place au témoin Pepouere Abdou. L’affaire se poursuit ce mercredi 4 juillet.
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Le sang continue de couler à Yoko
Trois autres fugitifs abattus hier. Un évadé blessé lundi dernier succombe à ses blessures. Au dernier comptage, dix-sept (17) décès – dont seize (16) bandits en abattus en cavale - avaient été enregistrés en moins de quatre jours.
La tension n’est pas retombée dans la bourgade de Yoko. Où l’histoire de l’insécurité pénitentiaire au Cameroun s’écrit en lettres de sang. Hier, mardi 03 juillet, de nouvelles péripéties sont venues remplir les pages de cette triste histoire. Un blessé, qui avait reçu des balles dans l’abdomen, a finalement succombé à ses blessures hier. Trois évadés sont également passés de vie à trépas. L’un est tombé dans la ville de Yoko, après un échange de coups de feu avec les forces de sécurité. Une fin brutale intervenue à la suite d’une tentative de coup de force à la mairie de la localité. L’infortuné voulait récupérer le véhicule du secrétaire général de la mairie rurale de Yoko. Les deux autres évadés abattus étaient loin de Yoko. Selon des témoignages concordants, ils se trouvaient à Mbatchoua, vers Nanga Eboko. Et la chasse à l’homme se poursuit à travers le département du Mbam et Kim. Les forces de sécurité n’ont plus que trois jours (à s’en tenir à l’interview donnée par le garde des sceaux à la Crtv lundi dernier) pour rattraper – mort ou vivant – les sept malfrats encore en cavale.
En attendant, Yoko est maculée à jamais de sang. Les dix-sept évadés abattus sont progressivement portés en terre. L’inhumation d’une quinzaine de corps a eu lieu hier en contrebas de la prison de production de Yoko.
Par cameroundialogues, à 10:03 :: Général
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